21.10.2008

Réflexions sur le Mythe du Samourai...

De nos jours en occident, le samouraï a une image de « guerrier parfait », de « la classe guerrière la plus redoutable »et de tout un tas de superlatifs qui donne de lui l’image de la perfection en matière de combattants, grâce à son katana et à son entraînement. J’aimerai revenir sur certains points qui à mon avis sont souvent « oubliés » car ils risquent de ternir cette image de superman.

Il est intéressant tout d’abord de savoir que le terme samouraï, venant du mot « servir » en japonais, était devenu au japon, vers la fin de XVIIIe siècle, le synonyme de soudard, ce qui donne une idée de l’image qu’avaient les Japonais de leurs anciens maîtres.

Au sujet de leur habileté au combat, si elle est indéniable quant il s’agit des combats internes au pays ou s’affrontait des samouraï contre d’autres samouraï dont les techniques, les armes et l’esprit de combats étaient les même (les différences étant dans les styles des écoles), il en vas tout autrement lors des rares « rencontres » avec des étrangers. En effet, lors de l’invasion mongole de Gengis Khan en 1274, les samouraï furent nettement surclassés par les soldats de Kubilaï, tant en tactique qu’en stratégie. Ce ne fut que grâce à une tempête qui dispersa la flotte mongole que le japon put s’en sortir et passa les 7 années suivantes à se préparer à une deuxième attaque possible des mongoles en construisant des fortifications et en améliorant l’entrainement et la discipline. Quant à l’armement, il s’avéra que le tachi, arme de prédilection, à l’époque assez mince, fut épaissis pour pouvoir entamer les protections mongols. On y ajouta le tanto pour combattre dans les espaces non dégagés, corps à corps et ponts de navires, la ou le long tachi était plutôt une gène.

Cependant, la deuxième vague mongole, beaucoup plus nombreuse, fut balayée par une autre tempête en 1281 (le fameux vent divin ou Kami Kaze) et les samouraï ne surent jamais si leurs efforts portèrent leurs fruits. Lors des tentatives d’invasions de la Corée par les Japonais en 1592 et en 1597, les japonais furent stoppés par la supériorité des coréens dans le domaine naval et les samouraï durent se retrancher au sud-ouest du pays et ne purent plus franchir les défenses sino-coréennes ; c’est en 1598, après la mort de plus de 200 000 hommes, que les japonais durent rembarquer pour leur pays.

Même lorsqu’il s’agit de problèmes internes, les « super guerriers » ont eu aussi quelques problèmes. Lors du soulèvement de Shimabara, en 1638, révolte surtout de paysans chrétiens pauvres, durement exploités par les seigneurs locaux et persécutés pour leur religion, les samouraï du shogun seront incapable de réduire cette révolte de quelques dizaine de milliers de paysans réfugiés dans la vieille forteresse hâtivement restaurée. Ils devront avoir recours aux canons des bateaux hollandais et à la famine pour écraser définitivement ce soulèvement populaire (100 000 samouraï contre 37 000 paysans, y compris femmes et enfants dont les têtes coupées seront exposées à Nagasaki).

Quant aux sabres proprement dits, même si certaines lames sont superbes, de par leurs esthétismes et leurs qualités de coupe, il faut se remémorer que, même à l’époque héroïque des samouraïs, on faisait aussi de la « quincaillerie » (sur les 33 000 forgerons-fabriquants de lames dans l’histoire du Japon, à peine 5%(soit 1 700) ne sont retenus par la référence japonaise en matière de répertoire de forgerons, comme au-dessus du lot !). la raison en était que, durant 5 siècles de guerres civiles, les périodes « calmes » ou l’on pouvais se pencher sur la fabrication de lames de hautes qualités étaient relativement rares, le problème numéro un était de fournir le plus de lames possibles aux milliers des combattants.

Enfin, il est bon de rappeler que les techniques d’escrime des samouraïs ne sont pas meilleurs que celles de nos maîtres d’armes occidentaux. Ces derniers, de part l’introduction des armes à feux dans les guerres, à une époque plus ancienne que l’introduction des mousquets portugais au japon (en 1543), ont changé leurs façons de combattre et on laissés leurs épées au placard ou elle se sont transformées en rapière et plus tard en petite épée de cour, très ouvragées et très fine (il est intéressant de remarquer que les bretteurs occidentaux, maniant le rapière, firent grande impression chez les samouraïs qui les considéraient comme de redoutables escrimeurs...).

Les japonais, quant à eux, ont gardé leurs sabres, mais ont introduits les mousquets et ont changés leurs manière de combattre (les armures ont étaient remaniées, sur les models des portugais).

Qu’en conclure ? Que les samouraïs, hommes de guerres, étaient une classe féodale, provenant d’une aristocratie guerrière, tout comme nos chevaliers occidentaux avec lesquels ils avaient beaucoup de ressemblances, et non pas un corps d’élite au sens militaire du terme.

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